











Xin Chao,
Nous avons quitté le Vietnam pour le Cambodge, le voyage fut souvent très plaisant, parfois bien irritant, et finalement assez fatiguant. Petit résumé de notre trajet de trois jours entre Phu Quoc Island (Vietnam) & Phnom Penh (Cambodge) :
Jour 1, 01.05.09 – étape prévue : Phu Quoc island - Chau Doc / étape réalisée : Phu Quoc island - Ha Tien
Lever 6h30 pour un taxi à 7h, 174 000 dongs le taco, bim !
Bateau à 8h, clim et son à fond, on se pèle les meules, on se tue les ouïes. Doudou choisit les boules Quiès en PQ, Janus les écouteurs de l’Ipod, rien n’y fait ; on demande à baisser (un peu) le son des clips du lover vietnamien ou des films de kung-fu hong-kongais. Ambiance !
Arrivée à Rach Gia, pas de bus, seulement des taxis (beaucoup de taxis) ou des motos (beaucoup de motos) pour aller à la gare routière locale. On négocie, 50000 dongs deux motos, bam !
10kms plus loin et non 7 (comme indiqué dans le Lonely, notre pilote est au courant), on arrive à une station service avec deux bus, l’un, jaune, pour Can Tho (on ne veut pas y aller), l’autre, vert, pour Chau Doc (on veut y aller), enfin apparemment ; plein à craquer, 150 000 dongs par personne, bim ! Trop cher, beaucoup trop cher (4 fois le prix en fait), on refuse, on attend, on ne négocie pas, on ne s’énerve pas, surtout pas… tout le monde s’affaire autour de nous, tout le monde se parle en vietnamien, tout le monde nous regarde en coin… Le bus part, sans nous, tant pis, puis l’autre aussi, tant pis. On est là, à la station service, sans bus mais avec nos deux motards qui ont été payés mais qui sont restés… Pourquoi ? Parce qu’on va avoir besoin d’eux pour revenir sur nos pas, pour nous rendre à l’autre, la vraie gare routière, tout proche celle-là du débarcadère… Ils nous expliquent qu’on devra repayer, normal ; on leur explique qu’on verra, normal. Demi-tour, sens inverse, c’est reparti… Doudou, ses deux sacs et son chauffeur devant, Janus, même configuration, derrière. Panne d’essence pour la moto numéro 2, arrêt express 1L de pétrole, on se retrouve à la gare routière. Des bus, des guichets, des prix affichés. Bus pour Chau Doc : 35 000 dongs, nickel ! Ouais, mais y’en a pas, ah bon ! Quand ? Demain, 7h! Nan ! Aujourd’hui, 13h ? Ouais ! Le mec derrière le guichet est aimable comme une porte de prison et parle anglais comme une vache espagnole, ‘heureusement’ notre moto driver se fait traducteur pour nous annoncer le prochain bus pour Chau Doc à 13h. Maintenant, la bonne nouvelle passée, il faut le (re)payer ! Ils exigent 50 000 dongs, normal puisqu’on a refait quasi le même trajet ; On propose Rien, normal, puisqu’on est revenus quasi au point de départ. L’attente commence, eux pour leurs tunes, nous pour leur départ… Etrangement, tout le monde, dans la gare routière, se fout un peu de notre gueule ; bizarrement, plus personne, dans la gare routière, ne parle anglais. Et l’autre me parle et m’explique et moi je l’écoute et je lui réponds. Un peu plus tard, beaucoup plus tard, il me dit que c’est la ‘last time’ qu’il me demande ‘yes or no’ si je vais payer, il me dit aussi que sinon, oh oui sinon, il va chercher son frère (sûrement son grand frère d’ailleurs). Pendant ce temps, tout le monde se marre, tout le monde nous regarde, personne nous parle, personne nous aide. On finit par leur lâcher 40000 dongs, bam (la peur de la menace sans doute). Ils partent à moto énervés et nous retournons au guichet énervés: la porte de prison s’ouvre pour nous expliquer qu’il n’y a plus de bus aujourd’hui, le prochain est bien le lendemain à 7h ; on fait tous les guichets, tous sont vraiment décidés à nous vendre des trajets ressemblant de près ou de loin au nôtre du moment qu’ils vendent. On ne s’énerve pas, surtout pas. On ne veut pas rester à Rach Gia, on choisit de partir pour Ha Tien, où nous espérons une correspondance pour Chau Doc, 60 000 dongs bim.
Pendant que le chauffeur enchaîne les clopiots pied au plancher, une passagère enchaîne les vomitos tête dans le guidon ! Le son est aussi fort que dans le bateau, klaxon et portables en sus, on est 22 dans le mini-bus, 2h de route. Ambiance, volume 2! Peu avant d’arriver à Ha Tien (nous semble-t-il), le mini-bus s’arrête sur le bas côté, la porte s’ouvre, des hommes casqués apparaissent. Ces nouveaux moto drivers nous incitent à descendre ici et à poursuivre avec eux, jusqu’à Ha Tien, jusqu’au Cambodge, jusqu’où on veut en fait, gratuitement. Impassibles et immobiles, nous restons à bord, bien décidés à rejoindre la gare routière et à y trouver notre correspondance. Escortés sur la route et accueillis à l’arrivée par ces mêmes motards, nous voyons nos demandes pour Chau Doc reçues avec des rires ou des sourires, c’est selon. Le dernier départ était à 14h, il est déjà plus de 16h, cette fois c’est sûr, nous ne serons pas à Chau Doc ce soir, nous ne passerons pas au Cambodge demain, nous dormirons bien à Ha Tien cette nuit. On ne s’énerve pas, surtout pas.
Plus aucune confiance dans les motards, ni en personne d’ailleurs, nous voulons à tout prix les éviter, quitte à marcher. Marcher, vers où ? La carte du Lonely semble fausse, on prend des repères, on utilise la boussole, on ne sait pas où on est, on ne sait pas où aller, on attend mais on ne s’énerve pas, surtout pas.; on pense même, un moment (un très court moment en vérité), passer la nuit à la gare routière. Et puis on vient encore, nous parler, nous demander, nous questionner, et puis on est fatigués, lassés, exaspérés : where you from, where you go, motorbike. Aucune information fiable, aucun service gratuit, le prix d’une moto est annoncé à 15 000 dong, on obtient 20 000 pour les deux, bim ! Le lieu est précisé, l’adresse est précise, hôtel Dong Ho, premier prix du Lonely. C’est sans compter sur le 1er Mai, fête internationale du travail, couplé au 30 Avril, anniversaire de la libération de Saïgon, ajouté aux deux jours de week-end : hôtel complet. Doudou part en mission repérage, Janus reste en poste gardage, la mousson s’en mêle. On finit à l’hôtel Hai Yen, chambre familiale avec deux lits double, clim, télé, frigo, balcon, 300 000 dongs, bam ! Plus de tunes, il faut retirer, pas manger de la journée, il faut dîner… Ainsi se termine la soirée en espérant, demain, une meilleure journée.
Bilan de la journée : bah, à chier !
Le pire dans l’histoire, c’est que pour finir à Ha Tien, il nous suffisait de prendre un bateau direct de Phu Quoc, moins cher et plus rapide mais ça, non, nous on aime pas, trop easy, !!!
Jour 2, 02.05.09 - étape prévue : ChauDoc - Phnom Penh / étape réalisée : Ha Tien - Chau Doc
Lever 6h pour un bus prévu à 7h25.
Deux motos à 20 000 dongs (comme hier), bim ! pour nous rendre à la gare routière.
Pas le temps de mettre le pied à terre que le rabatteur du bus pour Chau Doc nous met le grappin dessus ; en trente secondes, nos sacs sont en soute et nous, assis dans un café. On hésite à prendre nos tickets au guichet avec le risque de devoir repayer dans le bus, ou prendre nos tickets dans le bus avec le risque de devoir payer plus cher ; on décide de se mettre d’accord sur le prix avec le rabatteur qui ne pane pas un traître mot d’anglais : je lui écris 45 000 VND pour 1 personne et 90 000 VND pour 2 personnes ; il acquiesce puis imite un poulet battant des ailes ( ?) avant de m’envoyer vers le car. On s’assoit, on attend, calmement, patiemment, silencieusement, religieusement.
7h25, départ. Timing parfait, on est 2 dans le bus qui roule à 2 à l’heure. Contraste total avec le mini-bus d’hier, le transport du jour est vide et lent ; ça ne durera pas. On paye, on donne 100 000, bim ! et on attend 10 000, mais les ailes de poulet se déploient à nouveau : les sacs bien sûr, on doit payer plus cher pour les sacs, bam ! Combien alors payera cette passagère pour charger son frigo LG par la porte arrière du bus? Oublié le mini-bus d’hier contenant 22 personnes, aujourd’hui, on change d’échelle avec ce bus qui peut bien atteindre la soixantaine de passagers grâce aux tabourets en plastique installés entre les rangées de sièges. C’est reparti ! Pendant deux heures, on reprend exactement la même route que la veille, en sens inverse, direction Rach Gia ! Nan ! Même pas peur, confiants et sereins, on ne dit rien mais on n’en pense pas moins et on n’en mène pas large. On ne s’énerve pas, surtout pas. Bifurcation, changement de direction, on quitte le bord de mer, on rentre dans les terres. La route est magnifique, le paysage somptueux. Les rizières s’étendent à perte de vue, seulement coupées de nombreux canaux; les plaines se poursuivent jusqu’à l’horizon, seulement parsemées de quelques collines ; nous sommes en plein Delta du Mékong et la visite s’avère bien plus agréable et originale que la semaine dernière.
4h après le départ, arrivée à Chau Doc ; nous sommes attendus, et par les cyclos, et par les motos. Combien la course? Un cyclo nous propose 20 000 chacun, une moto 15 000 chacun, nous obtenons 20 000 pour deux, bim ! Pendant que nous quittons la gare routière, assis tous les deux avec nos quatre sacs derrière notre cycliste, une explication voire une altercation commence entre cyclos et motos… Cassos, nou pa adan ! Sur tout le chemin, nous sommes escortés par un motard, grande classe ; pendant que notre cyclo pédale, sa moto avance et il nous parle : hôtel, visa, bateau, Cambodge, Phnom Penh, carte de visite à l’appui… Arrivés à bon port, hôtel Vinh Phuoc, il nous faut 5’ pour tout régler : chambre avec A/C 10$, bim ! Bateau pour Phnom Penh, 10$ chacun, bam ! Visa pour le Cambodge, 22$ chacun, bim ! Tomorrow is another day.
Bilan de la journée: bon, moins pire qu’hier...
On a quand même perdu du temps et de l’argent, et comme le temps c’est de l’argent…
Jour 3, 03.05.09 – pas d’étape prévue / étape réalisée Chau Doc – Phnom Penh
Lever 6h pour un départ prévu à 7h.
On dépense nos derniers dongs au petit déjeuner, on n’ a plus que 18 dollars en poche, bam ! mais aujourd’hui peu de dépenses prévues…
On retrouve très vite les joies du tour organisé ‘people going to Saïgon follow me’, ‘people going to Cambodia, follow me also’, arrêt dans une fish farm flottante, dans un village de minorités ethniques, devant une mosquée… Tout ce qui nous intéresse et nous importe, c’est pourtant de passer au Cambodge, d’autant plus que c’est le dernier jour de validité de notre visa vietnamien… On se retrouve donc sur notre slow boat avec une française expat de Phnom Phenh, un italien cuisto de Sydney et un couple germano-brittanique de travellers. Très vite, on quitte le Mékong pour un petit canal magnifique où la vie bat son plein, où les activités sont nombreuses. A cette vitesse, on a le temps de regarder, d’observer, de photographier. Par contre, avec ce bruit, impossible de discuter, de communiquer, d’échanger. Tous les passagers (ou presque) sortent leur Ipod ; le mien choisit Bernard Lavilliers en mode reggae avant de passer, tout naturellement, ‘On the road again’. Trois belles heures de bateau plus tard, on arrive au poste frontière pour une pause déjeuner – formalités. Douane flottante sur pilotis, flanquée d’un restaurant où les prix sont affichés en dollars, en dongs et en riels. On mange pas très bien pour assez cher, le temps d’obtenir nos visas d’entrée cambodgiens et nos bons de sortie vietnamiens ; changement de bateau, de chauffeur, de langue, de monnaie et de pays, nous naviguons sur le Mékong version cambodgienne. Le fleuve est ici très large mais nous longeons les berges, accueillis, salués, acclamés par des hordes de gamins, en slip ou à poil, qui courent, qui jouent, qui nagent, qui se lavent, qui se battent, qui se baignent, et qui, tous, secouent leurs petites mains en notre direction… Enorme ! La croisière de l’après-midi nous paraît bien longue avant de poser, enfin, le pied sur le sol cambodgien et d’enchaîner, encore, sur un minibus, direction Phnom Penh. Premier contact avec la population locale, on prend au passage quelques khmers qui rentrent à la capitale après un week-end, semble-t-il, festif et arrosé : la mémoire qui flanche, les yeux qui brillent, tout sourire, très en verve, l’un deux nous donne notre premier cours de khmer : Bonjour = Sua s’dei, Au revoir = Lia suhn hao-y… Excellent !
Le Cambodge serait-il déjà différent du Vietnam ? Peut être pas tant que ça, le minibus nous dépose dans une guest house, entre la réception et les chambres, nous la quittons immédiatement. Les touk touk nous attendent dans la rue, trois de chaque côté, nous en prenons un pour cinq et pour 2,5$, bim ! Nous sommes à Phnom Penh.
Bilan de la journée : pas too mal.
Mission accomplie, nous sommes arrivés à bon port.
PS : nous tenons tout particulièrement ici à rassurer Mr et Mme Jean qui viennent de réserver et d’organiser un séjour au Vietnam pour le mois de Novembre. Ils ne seront ni concernés par les tours organisés par les différents cafés, hôtels ou autres bureaux, ni inquiétés par tous ces rabatteurs, transporteurs et autres moto drivers…
Jour 1, 01.05.09 – étape prévue : Phu Quoc island - Chau Doc / étape réalisée : Phu Quoc island - Ha Tien
Lever 6h30 pour un taxi à 7h, 174 000 dongs le taco, bim !
Bateau à 8h, clim et son à fond, on se pèle les meules, on se tue les ouïes. Doudou choisit les boules Quiès en PQ, Janus les écouteurs de l’Ipod, rien n’y fait ; on demande à baisser (un peu) le son des clips du lover vietnamien ou des films de kung-fu hong-kongais. Ambiance !
Arrivée à Rach Gia, pas de bus, seulement des taxis (beaucoup de taxis) ou des motos (beaucoup de motos) pour aller à la gare routière locale. On négocie, 50000 dongs deux motos, bam !
10kms plus loin et non 7 (comme indiqué dans le Lonely, notre pilote est au courant), on arrive à une station service avec deux bus, l’un, jaune, pour Can Tho (on ne veut pas y aller), l’autre, vert, pour Chau Doc (on veut y aller), enfin apparemment ; plein à craquer, 150 000 dongs par personne, bim ! Trop cher, beaucoup trop cher (4 fois le prix en fait), on refuse, on attend, on ne négocie pas, on ne s’énerve pas, surtout pas… tout le monde s’affaire autour de nous, tout le monde se parle en vietnamien, tout le monde nous regarde en coin… Le bus part, sans nous, tant pis, puis l’autre aussi, tant pis. On est là, à la station service, sans bus mais avec nos deux motards qui ont été payés mais qui sont restés… Pourquoi ? Parce qu’on va avoir besoin d’eux pour revenir sur nos pas, pour nous rendre à l’autre, la vraie gare routière, tout proche celle-là du débarcadère… Ils nous expliquent qu’on devra repayer, normal ; on leur explique qu’on verra, normal. Demi-tour, sens inverse, c’est reparti… Doudou, ses deux sacs et son chauffeur devant, Janus, même configuration, derrière. Panne d’essence pour la moto numéro 2, arrêt express 1L de pétrole, on se retrouve à la gare routière. Des bus, des guichets, des prix affichés. Bus pour Chau Doc : 35 000 dongs, nickel ! Ouais, mais y’en a pas, ah bon ! Quand ? Demain, 7h! Nan ! Aujourd’hui, 13h ? Ouais ! Le mec derrière le guichet est aimable comme une porte de prison et parle anglais comme une vache espagnole, ‘heureusement’ notre moto driver se fait traducteur pour nous annoncer le prochain bus pour Chau Doc à 13h. Maintenant, la bonne nouvelle passée, il faut le (re)payer ! Ils exigent 50 000 dongs, normal puisqu’on a refait quasi le même trajet ; On propose Rien, normal, puisqu’on est revenus quasi au point de départ. L’attente commence, eux pour leurs tunes, nous pour leur départ… Etrangement, tout le monde, dans la gare routière, se fout un peu de notre gueule ; bizarrement, plus personne, dans la gare routière, ne parle anglais. Et l’autre me parle et m’explique et moi je l’écoute et je lui réponds. Un peu plus tard, beaucoup plus tard, il me dit que c’est la ‘last time’ qu’il me demande ‘yes or no’ si je vais payer, il me dit aussi que sinon, oh oui sinon, il va chercher son frère (sûrement son grand frère d’ailleurs). Pendant ce temps, tout le monde se marre, tout le monde nous regarde, personne nous parle, personne nous aide. On finit par leur lâcher 40000 dongs, bam (la peur de la menace sans doute). Ils partent à moto énervés et nous retournons au guichet énervés: la porte de prison s’ouvre pour nous expliquer qu’il n’y a plus de bus aujourd’hui, le prochain est bien le lendemain à 7h ; on fait tous les guichets, tous sont vraiment décidés à nous vendre des trajets ressemblant de près ou de loin au nôtre du moment qu’ils vendent. On ne s’énerve pas, surtout pas. On ne veut pas rester à Rach Gia, on choisit de partir pour Ha Tien, où nous espérons une correspondance pour Chau Doc, 60 000 dongs bim.
Pendant que le chauffeur enchaîne les clopiots pied au plancher, une passagère enchaîne les vomitos tête dans le guidon ! Le son est aussi fort que dans le bateau, klaxon et portables en sus, on est 22 dans le mini-bus, 2h de route. Ambiance, volume 2! Peu avant d’arriver à Ha Tien (nous semble-t-il), le mini-bus s’arrête sur le bas côté, la porte s’ouvre, des hommes casqués apparaissent. Ces nouveaux moto drivers nous incitent à descendre ici et à poursuivre avec eux, jusqu’à Ha Tien, jusqu’au Cambodge, jusqu’où on veut en fait, gratuitement. Impassibles et immobiles, nous restons à bord, bien décidés à rejoindre la gare routière et à y trouver notre correspondance. Escortés sur la route et accueillis à l’arrivée par ces mêmes motards, nous voyons nos demandes pour Chau Doc reçues avec des rires ou des sourires, c’est selon. Le dernier départ était à 14h, il est déjà plus de 16h, cette fois c’est sûr, nous ne serons pas à Chau Doc ce soir, nous ne passerons pas au Cambodge demain, nous dormirons bien à Ha Tien cette nuit. On ne s’énerve pas, surtout pas.
Plus aucune confiance dans les motards, ni en personne d’ailleurs, nous voulons à tout prix les éviter, quitte à marcher. Marcher, vers où ? La carte du Lonely semble fausse, on prend des repères, on utilise la boussole, on ne sait pas où on est, on ne sait pas où aller, on attend mais on ne s’énerve pas, surtout pas.; on pense même, un moment (un très court moment en vérité), passer la nuit à la gare routière. Et puis on vient encore, nous parler, nous demander, nous questionner, et puis on est fatigués, lassés, exaspérés : where you from, where you go, motorbike. Aucune information fiable, aucun service gratuit, le prix d’une moto est annoncé à 15 000 dong, on obtient 20 000 pour les deux, bim ! Le lieu est précisé, l’adresse est précise, hôtel Dong Ho, premier prix du Lonely. C’est sans compter sur le 1er Mai, fête internationale du travail, couplé au 30 Avril, anniversaire de la libération de Saïgon, ajouté aux deux jours de week-end : hôtel complet. Doudou part en mission repérage, Janus reste en poste gardage, la mousson s’en mêle. On finit à l’hôtel Hai Yen, chambre familiale avec deux lits double, clim, télé, frigo, balcon, 300 000 dongs, bam ! Plus de tunes, il faut retirer, pas manger de la journée, il faut dîner… Ainsi se termine la soirée en espérant, demain, une meilleure journée.
Bilan de la journée : bah, à chier !
Le pire dans l’histoire, c’est que pour finir à Ha Tien, il nous suffisait de prendre un bateau direct de Phu Quoc, moins cher et plus rapide mais ça, non, nous on aime pas, trop easy, !!!
Jour 2, 02.05.09 - étape prévue : ChauDoc - Phnom Penh / étape réalisée : Ha Tien - Chau Doc
Lever 6h pour un bus prévu à 7h25.
Deux motos à 20 000 dongs (comme hier), bim ! pour nous rendre à la gare routière.
Pas le temps de mettre le pied à terre que le rabatteur du bus pour Chau Doc nous met le grappin dessus ; en trente secondes, nos sacs sont en soute et nous, assis dans un café. On hésite à prendre nos tickets au guichet avec le risque de devoir repayer dans le bus, ou prendre nos tickets dans le bus avec le risque de devoir payer plus cher ; on décide de se mettre d’accord sur le prix avec le rabatteur qui ne pane pas un traître mot d’anglais : je lui écris 45 000 VND pour 1 personne et 90 000 VND pour 2 personnes ; il acquiesce puis imite un poulet battant des ailes ( ?) avant de m’envoyer vers le car. On s’assoit, on attend, calmement, patiemment, silencieusement, religieusement.
7h25, départ. Timing parfait, on est 2 dans le bus qui roule à 2 à l’heure. Contraste total avec le mini-bus d’hier, le transport du jour est vide et lent ; ça ne durera pas. On paye, on donne 100 000, bim ! et on attend 10 000, mais les ailes de poulet se déploient à nouveau : les sacs bien sûr, on doit payer plus cher pour les sacs, bam ! Combien alors payera cette passagère pour charger son frigo LG par la porte arrière du bus? Oublié le mini-bus d’hier contenant 22 personnes, aujourd’hui, on change d’échelle avec ce bus qui peut bien atteindre la soixantaine de passagers grâce aux tabourets en plastique installés entre les rangées de sièges. C’est reparti ! Pendant deux heures, on reprend exactement la même route que la veille, en sens inverse, direction Rach Gia ! Nan ! Même pas peur, confiants et sereins, on ne dit rien mais on n’en pense pas moins et on n’en mène pas large. On ne s’énerve pas, surtout pas. Bifurcation, changement de direction, on quitte le bord de mer, on rentre dans les terres. La route est magnifique, le paysage somptueux. Les rizières s’étendent à perte de vue, seulement coupées de nombreux canaux; les plaines se poursuivent jusqu’à l’horizon, seulement parsemées de quelques collines ; nous sommes en plein Delta du Mékong et la visite s’avère bien plus agréable et originale que la semaine dernière.
4h après le départ, arrivée à Chau Doc ; nous sommes attendus, et par les cyclos, et par les motos. Combien la course? Un cyclo nous propose 20 000 chacun, une moto 15 000 chacun, nous obtenons 20 000 pour deux, bim ! Pendant que nous quittons la gare routière, assis tous les deux avec nos quatre sacs derrière notre cycliste, une explication voire une altercation commence entre cyclos et motos… Cassos, nou pa adan ! Sur tout le chemin, nous sommes escortés par un motard, grande classe ; pendant que notre cyclo pédale, sa moto avance et il nous parle : hôtel, visa, bateau, Cambodge, Phnom Penh, carte de visite à l’appui… Arrivés à bon port, hôtel Vinh Phuoc, il nous faut 5’ pour tout régler : chambre avec A/C 10$, bim ! Bateau pour Phnom Penh, 10$ chacun, bam ! Visa pour le Cambodge, 22$ chacun, bim ! Tomorrow is another day.
Bilan de la journée: bon, moins pire qu’hier...
On a quand même perdu du temps et de l’argent, et comme le temps c’est de l’argent…
Jour 3, 03.05.09 – pas d’étape prévue / étape réalisée Chau Doc – Phnom Penh
Lever 6h pour un départ prévu à 7h.
On dépense nos derniers dongs au petit déjeuner, on n’ a plus que 18 dollars en poche, bam ! mais aujourd’hui peu de dépenses prévues…
On retrouve très vite les joies du tour organisé ‘people going to Saïgon follow me’, ‘people going to Cambodia, follow me also’, arrêt dans une fish farm flottante, dans un village de minorités ethniques, devant une mosquée… Tout ce qui nous intéresse et nous importe, c’est pourtant de passer au Cambodge, d’autant plus que c’est le dernier jour de validité de notre visa vietnamien… On se retrouve donc sur notre slow boat avec une française expat de Phnom Phenh, un italien cuisto de Sydney et un couple germano-brittanique de travellers. Très vite, on quitte le Mékong pour un petit canal magnifique où la vie bat son plein, où les activités sont nombreuses. A cette vitesse, on a le temps de regarder, d’observer, de photographier. Par contre, avec ce bruit, impossible de discuter, de communiquer, d’échanger. Tous les passagers (ou presque) sortent leur Ipod ; le mien choisit Bernard Lavilliers en mode reggae avant de passer, tout naturellement, ‘On the road again’. Trois belles heures de bateau plus tard, on arrive au poste frontière pour une pause déjeuner – formalités. Douane flottante sur pilotis, flanquée d’un restaurant où les prix sont affichés en dollars, en dongs et en riels. On mange pas très bien pour assez cher, le temps d’obtenir nos visas d’entrée cambodgiens et nos bons de sortie vietnamiens ; changement de bateau, de chauffeur, de langue, de monnaie et de pays, nous naviguons sur le Mékong version cambodgienne. Le fleuve est ici très large mais nous longeons les berges, accueillis, salués, acclamés par des hordes de gamins, en slip ou à poil, qui courent, qui jouent, qui nagent, qui se lavent, qui se battent, qui se baignent, et qui, tous, secouent leurs petites mains en notre direction… Enorme ! La croisière de l’après-midi nous paraît bien longue avant de poser, enfin, le pied sur le sol cambodgien et d’enchaîner, encore, sur un minibus, direction Phnom Penh. Premier contact avec la population locale, on prend au passage quelques khmers qui rentrent à la capitale après un week-end, semble-t-il, festif et arrosé : la mémoire qui flanche, les yeux qui brillent, tout sourire, très en verve, l’un deux nous donne notre premier cours de khmer : Bonjour = Sua s’dei, Au revoir = Lia suhn hao-y… Excellent !
Le Cambodge serait-il déjà différent du Vietnam ? Peut être pas tant que ça, le minibus nous dépose dans une guest house, entre la réception et les chambres, nous la quittons immédiatement. Les touk touk nous attendent dans la rue, trois de chaque côté, nous en prenons un pour cinq et pour 2,5$, bim ! Nous sommes à Phnom Penh.
Bilan de la journée : pas too mal.
Mission accomplie, nous sommes arrivés à bon port.
PS : nous tenons tout particulièrement ici à rassurer Mr et Mme Jean qui viennent de réserver et d’organiser un séjour au Vietnam pour le mois de Novembre. Ils ne seront ni concernés par les tours organisés par les différents cafés, hôtels ou autres bureaux, ni inquiétés par tous ces rabatteurs, transporteurs et autres moto drivers…
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