Pas de message ni de photos sur nos deux jours de shopping à Bangkok… Depuis, nous avons rallié Railey, dans la province de Krabi. Railey n’est pas une île mais Railey est mieux qu’une île : accessible seulement en Long Tail Boat depuis Krabi, elle se visite uniquement à pied ; de Railey Est à Railey Ouest, on passe en 5’ de part et d’autre d’un isthme étroit cerné de falaises vertigineuses et de jungle épaisse. D’un côté, une plage pour le sunrise, de l’autre, une plage pour le sunset. Pour se balader de l’une à l’autre, il faut jouer avec les marées et, pour atteindre les points de vue, il faut jouer les funambules. En gros, un parc d’aventure grandeur nature. Il y a donc tout ici, des plages de sable blanc aux falaises rocheuses verticales, des eaux vert turquoise aux forêts tropicales humides mais aussi, bien sûr, les bars, les restaurants, les hôtels qui les accompagnent. Du coup, on y rencontre des travellers, des teufeurs, des glandeurs, des grimpeurs, pour des séjours tantôt oisifs ou festifs, tantôt passifs ou sportifs. Pour nous, les premiers jours, pluvieux, sont d’abord consacrés à la lecture : Lonely Planet Hawaii pour Marlène, Guide du Routard Calif pour Mathieu…le tout avec la clim, le ventilo et la télé sur ESPN pour une énième diffusion de Barça – MU (Yaya Touré, Xavi et Iniesta encore plus forts que Eto’o, Messi et Henry). Ensuite, une demi-journée d’escalade, juste assez pour comprendre deux choses : 1. Janus n’est pas fait pour cette activité, trop lourd peut être, pas assez souple sûrement 2. Doudou, malgré son vertige, s’y essaierait bien… Enfin, une soirée de boxe thaï au Bamboo Bar: pendant qu’ils se tapent sérieusement dessus, Doudou se cache les yeux et Janus boit une bière. Pour le reste, quelques photos, pas mal d’apéros et toujours les restos… Aujourd’hui après un trajet encore quelque peu épique, on a posé nos sacs sur l’île de Ko Tao, pour notre deuxième et dernière étape avant le retour à BKK ; en effet, avec un visa de deux semaines et un vol le 5 juin, l’étape Thaïlande se révèle un peu courte. Et non, on ne verra pas Ko Phi Phi ni Ko Lanta, et non, on ne verra pas Ko Samui ni Ko Pha-Ngan, et non, on ne verra pas Chiang Mai ni Chiang Rai… Mais oui, on reviendra. Pour terminer, un petit commentaire sur le tourisme en basse saison: - La basse saison a ses avantages : un resort avec piscine et vue sur mer, une chambre avec clim et télé, le tout pour pas bien cher (12€ la nuit) ; mais, puisque c’est hors saison, c’est bien qu’il y a une raison : en effet, une météo tellement incertaine qu’elle en devient certaine avec ses pluies, son ciel gris, sa mousson… - Les sites touristiques ont leurs avantages : c’est facile, c’est pas cher et ça peut rapporter gros mais, ils ont aussi leurs inconvénients : moins d’efforts s’imposent pour approfondir culture, langue et cuisine locales. Voilà comment écrire des dizaines de lignes pour ne rien dire…
Arrivés à Sihanoukville après plus ou moins (c’est selon) 300 bornes de vélo, on décide très vite de prolonger d’un jour notre étape sur la côte. Les arguments principaux sont la mer et la piscine, l’hôtel et les restaurants, le repos et le massage. On passe donc une bonne journée à ne rien faire entre averses tropicales et soleil tropical… On se gave au buffet du p’tit dèj’, on profite de la wi-fi, on potasse la Thaïlande, on barbote dans la piscine, et surtout, on observe, attentifs et incrédules, les va-et-vient de ces couples improbables, de la chambre à la mer, de la mer à la piscine, de la piscine à la chambre : un gros et vieil occidental toujours suivi d’une petite et jeune asiatique. En soirée, après les cocktails de l’happy hour et le massage des pieds (Marlène) ou du corps (Mathieu), on retrouve Antoine et Etienne, accompagnés de Julie. Déjà croisés à Kompong Chhnang, les deux gars sont étudiants à l’Icam de Toulouse, ils ont 21 ans! Petit coup de vieux quand même. Julie, elle, est québécoise, et bien sûr elle est de Montréal, et bien sûr elle a l’accent, et bien sûr elle s’appelle Dion. Le lendemain, départ pour Koh Kong après hésitation à rallier directement la Thaïlande et Bangkok. En effet, on ne sait pas trop quoi espérer de notre dernière étape cambodgienne ; le projet initial était d’organiser un trek dans la jungle sur deux jours mais nous ne disposons plus que d’une journée. Arrivés devant le Sauna Garden Bar, apparemment meilleure source d’informations sur la région, nous le croyons d’abord fermé jusqu’à ce qu’un type nous lance de l’intérieur « hi guys, what are you looking for ? ». Le gars nous propose de repasser plus tard, après avoir trouvé un hôtel pour la nuit et un restaurant pour le déjeuner. A notre retour, Nick, un anglais mi-blond mi-roux, nous accueille clope au bec et bière à la main, dans un beau bordel, coincé entre sa jeep et ses motos. Faute d’organiser des treks à pied dans la jungle, celui-ci propose des excursions en dirt bike (moto cross) dans la forêt ; programme qui enchante Janus autant qu’il repousse Doudou. Marlène trouvera donc rapidement une alternative à son goût, en optant pour le Rainbow Lodge de Janet, une autre anglaise, en plein cœur de la jungle et au bord de la rivière. Le lendemain, 9h, chacun part de son côté, Marlène dans le pick-up de Janet et Mathieu sur la moto avec Nick. Deux autres français se joignent au trip moto, Daniel et Jérémy, qui viennent en Thaïlande et au Cambodge, entre deux saisons en France, essentiellement, semble-t-il, pour fumer des pets et boire des bières… Trois autres filles se joignent au trip lodge, Ella l’israélienne, Tania et Jasmine les suisses-allemandes, qui, toutes trois, voyagent plus longtemps que nous. Une bonne journée sensation pour l’un, une bonne journée repos pour l’autre, un bon dîner et une bonne soirée ensemble… Cette fois, c’est le dernier jour au Cambodge ! Petite balade en kayak sur la rivière, au pied de la jungle et jusqu’à une cascade puis il est déjà temps de rallier Koh Kong avec Janet, de récupérer nos sacs, de saluer Nick et Coralie, de changer des dollars en bahts, de prendre les motos-dop avec Lucky, de passer la frontière à pied entre le Cambodge et la Thaïlande, de prendre les transports pour Bangkok… Nous sommes en Thaïlande, le Cambodge et les cambodgiens nous manqueront.
318 kms, c’est le parcours effectué par Janus en quatre jours de Phnom Penh à Sihanoukville. Rien à dire : belle allure avec le maillot vert de Jaja, beau rythme tant sur routes goudronnées que sur chemins en terre, superbe finish dans la montée de Sihanoukville laissant Sokhom loin derrière.
271 kms, c’est le parcours moins glorieux mais cependant héroïque effectué par Doudou en quatre jours de Phnom Penh à Veal Renh. A son actif : un mal de fesses impitoyable, des jambes en compote, en coton, en bois ou autre, une chute magnifique et pour finir 47km en taxi collectif (vélo dans le coffre) pour rejoindre Sihanoukville…
- Premier jour : objectif Takeo, 84kms. Le départ est donné à 7h dans la capitale. Le trafic est dense, la circulation désordonnée, les gaz d’échappement abondants mais on s’en sort plutôt bien. On poursuit sur la nationale (bof, bof), on se fait doubler par les Tuk Tuk, les minibus, les Toyota Camry, les motos. Les hellos commencent à pleuvoir et quelques motards, intrigués par notre convoi, s’arrêtent à notre hauteur : « Where you from ? » « Where you go ? » « Sihanoukville ? », regards interrogateurs vers Sokhom suivi d’un « oh my God ! ». Tous les 20 kms, une pause s’impose, Sokhom nous ravitaille en eau, nous régale de fuits : bananes, mangues, pommes locales... Il nous initie aux douteuses brochettes de grenouilles et de crapauds farcis… Jusque là, tout va bien ou à peu près : la selle profilée du Vtt commence à faire ressurgir chez Doudou de vieilles douleurs qui s’amplifient au fil des kms. Changements de position, pédalages debout, arrêts fréquents : rien n’y fait, surtout pas les 20 derniers kms effectués sur un chemin en terre cahoteux à travers une campagne néanmoins splendide.
- Deuxième jour : objectif Kep, 102 kms Rien de tel qu’une bonne soupe de nouilles chinoises au porc pour démarrer la journée. A 7h, tout le monde est sur son vélo, Mathieu en pleine forme, Marlène avec une nouvelle selle et une bonne humeur retrouvée. A nouveau les kms défilent à travers les rizières sur une route plus calme. Les premières heures « fraiches » de la matinée sont agréables. Mathieu opère quelques échappées et gère son avance pour prendre quelques photos. Au final, on retiendra surtout de la journée : - l’ arrêt du midi dans un resto routier à l’ambiance sympathique et au décor un peu grunge : on mange entre les toiles d’araignées avec les poules, les chiens, le cochon et on fait découvrir à notre hôte émerveillée l’existence des lingettes : distribution à toute la famille (qui teste et approuve le produit). - la superbe chute de Marlène sur un pont métallique détrempé. - les derniers et interminables kms pour arriver dans la charmante petite ville de Kep. - le diner dans des hamacs, à écouter les improbables histoires de Sokhom et de ses conquêtes.
- Troisième jour : objectif Kampot, 27kms. L’étape du jour est courte : départ 10h30 arrivée midi. Au programme de l’après midi : Douche, sieste, TV pour Doudou qui n’en peut plus et doute déjà de remonter sur son vélo le lendemain... Douche, sieste, TV et revélo pour Janus qui a réussi à convaincre Sokhom de l’emmener visiter un temple au milieu des rizières à une dizaine de kms de Kampot…
- Quatrième jour : objectif Sihanoukville, 105kms. Finalement, tout le monde prend le départ mais avec des objectifs différents : pour les gars, atteindre Sihanoukville, pour la fille parcourir les 58 premiers kms menant jusqu’à la route Phnom Penh-Sihanoukville puis trouver un bus pour terminer l’étape. On repart donc, la route longe la mer et la mangrove d’un côté, les collines du parc national de Bokor de l’autre, le paysage est paisible, le rythme tranquille. Une petite pause dégustation (fruits pour nous, œufs de canne farcis, noirs et dégueux pour Sokhom) avant d’arriver à Veal Renh pour le déjeuner. A la télé, un karaoké bruyant passe des tubes des années 80, Sokhom, incollable, chante, en anglais comme en khmer ; sur les murs, des photos encadrées de la serveuse la rendent largement plus belle que la réalité, Sokhom drague. Après déjeuner, notre guide déniche un taxi pour Marlène et son vélo ; on se dit adieu et Sokhom et Mathieu reprennent la route. Les nombreuses montées, les pluies diluviennes et la traversée interminable de la ville donneront raison à Marlène : les 50kms de l’après-midi s’avèrent particulièrement difficiles ; d’ailleurs, Sokhom, petit cambodgien mais khmer costaud, explose dans les montagnes. L’arrivée à l’hôtel est donc un vrai moment de délivrance : douche, bière, piscine… Ca, c’est fait !
Nous avons quitté les deux principaux centres touristiques du Cambodge (Phnom Penh & Siem Reap) pour explorer ses provinces plus rurales, ses contrées plus lointaines : 3 jours à Battambang, 2 jours à Kompong Chhnang.
Malgré des objectifs précis et des buts fixés, il s’agissait surtout de trouver des prétextes à nos balades, des excuses à nos promenades dans la campagne. Que ce soit à moto ou à vélo, seuls ou avec Toot & Rat, on adooooore le ‘countryside’. Ainsi, à Battambang, on prend le bamboo train,on cherche Phnom Sampeau et Phnam Banan mais surtout on longe la rivière Stung Sangker, tantôt à l’est, tantôt à l’ouest et on découvre des panoramas magnifiques depuis le sommet des temples. A Kompong Chhnan, on vise les quais au bord du Tonlé Sap ou le village d’Ondong Rossey, mais surtout on longe des villages flottants et des maisons sur pilotis, on traverse des paysages de rizières, tantôt asséchées, tantôt inondées, parsemés de palmiers à sucres. Pastoral, bucolique, champêtre.
Et, partout, de 7 mois à 77 ans, des enfants aux grands-parents, tous les habitants nous accueillent avec grand sourire et petit hello de circonstance ; le joyau du Cambodge ne réside pas dans ses temples mais définitivement dans son peuple… Plus on s’éloigne des villes, plus on s’enfonce dans les campagnes, plus notre séjour se prolonge et plus on aime le Cambodge et les Cambodgiens.
Sans transition, apres 12 jours de voyage au Cambodge, une petite page de culture confiture et d’anecdotes anecdotiques s'impose :
Angkor - Les temples d’Angkor sont incontestablement, et à juste titre, la fierté nationale ; ainsi, non seulement Angkor Vat figure sur le drapeau cambodgien mais la bière ‘nationale’ s’appelle l’Angkor, sa seule rivale étant l’Anchor…
Argent - Au Cambodge, on retire uniquement en dollars, on paye en dollars et/ ou en riels, on rend la monnaie en riels ; quelque soit le cours, 1$ = 4000 riels. Bahts thaïlandais et dongs vietnamiens semblent aussi acceptés en dernier recours…
Sport - Pendant que les grands jouent au volley sur un rectangle de terre au milieu des rizières, les petits pratiquent une sorte de pétanque avec, pour cochonnet, un caillou, et pour boules, leurs claquettes…
Ecole - Quand on croise les enfants le matin, ils nous disent aller à l’école l’après-midi et, quand on les croise l’après-midi, ils nous disent y être allés le matin. Sinon, en dehors des week-ends, un jour sur deux semble férié…
Anglais – Hello & Bye Bye (indifférenciés) What’s your name & My name is (associés), Where you from & Where you go (réponse superflue)...
Transport – En premier lieu , le vélo, soit trop grand, soit trop petit, mais toujours au moins un passager sur le porte-bagages ; en second lieu, la moto, familiale ou utilitaire, la fille entre le guidon et le père, le fils entre le père et la mère, les frères et sœurs et/ ou les bagages derrière la mère… ; en troisième lieu, la voiture, soit une Toyota Camry, jeune ou vieille, blanche ou noire, mais une Toyota Camry (8 passagers), soit un pick-up, totalement illimité en volume et en poids de charge…
Pieds – Habitués à être nus, les pieds cambodgiens présentent des orteils tellement écartés que le petit cinquième est plus souvent sur le sol que sur la semelle ; par contre, l’option claquette – chaussette est facilitée par le port de chaussettes tortue ninja séparant le pouce des quatre autres orteils…
Glace – En l’absence de frigos, la majorité des petites échoppes ou boutiques fonctionne avec des glacières, donnant lieu, dès le matin, à un balai de livreurs de glaçons géants, à moto ou à vélo…
Re sans transition, aujourd’hui, dernier passage à Phnom Penh, où nous aurons visité le magnifique musée national (sculptures khmères), l’émouvant musée Tuol Sleng (ancienne prison S-21 des Khmers Rouges), le palais royal et sa pagode d’argent, où nous avons marchandé au Russian market et au Sorya shopping centre, où nous avons logé à la PKD1 Guesthouse, street 136, rue dans laquelle les bars portent des noms aussi évocateurs que 69, Up & Down, ou encore Pussy cat... Comme le dit si bien Monsieur Lonely Planet, notre seule et unique référence culturelle à ce jour : « Tel Janus, le Cambodge a deux visages : l’un pimpant et joyeux, l’autre sombre et complexe… ».
Demain, nouveau départ, nouveau défi, 300 kms et 4 jours de vélo, de Phnom Penh à Sihanoukville, via Takéo, Kep et Kampot avec une incertitude sur notre aptitude, sachant que, comme le dit si bien Monsieur LP, encore lui, « en mai ou juin, l’humidité ambiante fait se liquéfier le plus endurci des baroudeurs… ». A voir…
Après deux jours passés dans la capitale cambodgienne, Phnom Penh (message et photos ultérieurs), nous avons rapidement et directement rejoint Siem Reap, porte des temples d’Angkor, au nord du lac Tonlé Sap.Ame de la culture khmer et fierté nationale, Ankgor est la huitième merveille du monde et Angkor Vat, le plus grand édifice religieux de la planète. Le programme s’annonçait relativement chargé, le planning se devait d’être finement réglé, le bilan serait finalement chiffré.
Pourquoi le vélo ? D’abord, parce qu’il faut bien se préparer aux 300 bornes en 4 jours qui nous attendent de Phnom Penh à Sihanoukville la semaine prochaine (!!!) ; ensuite, parce que, mode de déplacement privilégié des cambodgiens, il permet d’aller à leur vitesse, à leur rythme, à leur rencontre ; enfin, parce que les distances à parcourir entre les temples s’y prêtent tout particulièrement, lentement, silencieusement, écologiquement...
Où et quand pour la photo? Timing serré pour les clichés du lever au coucher du soleil, il faut être au bon endroit au bon moment pour une bonne lumière sur les temples.
Premier jour, lever à 4h30, départ de nuit, à vélo et à la dynamo, il fait déjà chaud, pour un lever de soleil sur Angkor Vat, le plus grand, le plus connu, le plus beau. On commence fort ! De l’extérieur du Vat, un ciel bleu rosé, légèrement voilé, se lève derrière les remparts du temple et se reflète dans l’eau des douves ; de l’intérieur du Vat, un soleil beau et chaud se lève derrière les tours du temple et se reflète dans l’eau des bassins. Wonderful, Wünderbar ! Après la visite approfondie de ce temple, de ses galeries, de ses bibliothèques, de ses bas-reliefs…, nous pédalerons jusqu’au paisible Prasat Kravan, puis jusqu’au magnifique Banteay Kdei et jusqu’au sauvage Ta Prohm. Après la pause déjeuner, pas de répit, pas de repos, on poursuit notre itinéraire et nos kilomètres, sur le ‘grand circuit’ et sous la grosse chaleur, avec la visite du Neak Pan et du Ta Som avant de rejoindre le sommet du Pre Rup pour un coucher de soleil sur les rizières et forêts environnantes. Le retour à Siem Reap se faisant de nuit, les repères changent et les cyclistes se perdent. Arrivés fatigués mais enchantés, juste le temps de manger avant de se coucher, demain nouvelle journée.
Deuxième jour, lever à 4h, le trajet jusqu’au Bayon étant plus long, il faut partir plus tôt ; toujours chaud, vélo et dynamo. Premiers arrivés, premiers servis, le soleil se lève et éclaire progressivement les 216 visages taillés dans la pierre, qui nous observent pendant qu’on les contemple. On devance aussi la foule dans notre visite d’Angkor Tom ou on a arrêté de pédaler pour marcher entre les temples et les bassins, sous les arbres et sur les pierres. On roule ensuite jusqu’à Preah Khan, ‘last but not least’ des temples de la journée ; fini pour aujourd’hui, cet après-midi, c’est massage et demain tuk-tuk…
Troisième jour, lever à 4h30, assis dans le tuk-tuk, on se laisse conduire jusqu’à Sra Srang pour le lever du soleil avant de se balader en forêt à Kbal Spean : rivière aux mille lingas, cascade et sculptures dans la roche.On retrouvera très vite la foule et la chaleur au temple du Banteay Srei ; l’envie d’une douche, d’une sieste et de la clim nous fera rentrer à l’hôtel à midi. En soirée, objectif sunset depuis le Phnom Bakheng mais, faute de soleil, caché derrière les nuages, c’est surtout la rencontre avec les moines bouddhistes que nous retiendrons de cette dernière journée.
Bilan chiffré: trois jours, trois sunrises, trois sunsets,14h d’affilée sur le site (record inégalé à ce jour), quelques dizaines de kilomètres en vélo, quelques degrés en trop, quelques milliers de photos… Encore Angkor !
Mais, que serait la visite des temples sans ces dizaines, ces centaines, ces milliers d’enfants qui, dans un anglais quasi parfait, ‘learn from tourists’, proposent des livres comme des cartes, des bracelets comme des colliers, des mangues comme des ananas, des bières comme des cocas… ? Aimables et adorables, souriants et charmants, ils sont tous plus beaux les uns que les autres et ce sont eux, finalement, qui nous font passer aussi longtemps sur les temples, à discuter, à rigoler, à photographier…
Mais, que serait la visite d’Angkor sans le séjour à Siem Reap et son ambiance si particulière ? Ville aux mille contrastes avec ses rues éclairées et animées, Bar Street et The Alley, ses pubs et ses putes, ses bars et ses boîtes, ses restos de rue et ses restos en vue, ses marchés et ses massages, ‘Simrip’ convient aussi bien aux fêtards qu’aux routards, aux teufeurs qu’aux travellers, aux VIP qu’aux hippies, aux intellos qu’aux bobos, aux cultivés qu’aux branchés.